« Au plus secret pleure une source »
en compagnie de Marine Aïello, céramique
exposition du 20 mars au 12 avril 2026 – vernissage vendredi 20 mars
Galerie Sanaga, 99, rue de la Scellerie, 3700 Tours
« Au plus secret, pleure une source » Ainsi se clôt le poème « Eros » de Rainer
Maria Rilke (1924) : « Und im Innern weint ein Quell ».
Et l’on ne sait jamais si l’eau naît de la pierre, du ciel, ou de l’œil.
À la Galerie Sanaga, quelque chose circule. Pas une rencontre. Une dérive lente. Une infiltration. Entre Anne Moreau et Marine Aïello, l’échange ne se tient pas face à face, mais dans l’entre-deux fluide. Là où la matière se souvient encore d’avoir été eau.
Le titre de l’exposition, emprunté au poète austro-hongrois Rilke, agit comme une chambre souterraine : Au plus secret, pleure une source. Ici, la source ne jaillit pas, elle veille, retenue, antérieure aux formes. Car avant les cartes, avant les frontières, avant même les récits, il y eut les eaux primordiales : Celles qui portent. Celles qui engloutissent. Celles qui regardent.
De la Loire au Nil, de la Seine à la Charente, en passant par la Sanaga, les fleuves ne relient pas des territoires, ils relient les temps. Des êtres y veillent – féminins, lunaires, indéfinis. Porteuses d’eau, pleureuses, figures mythologiques, peut-être, qui sait ?



