LE PING ET LE PONG
du 2 août au 31 août 2026
Pensée comme un jeu de relations entre les œuvres, le lieu et les regards, l’exposition explore ce qui circule entre la matière, la mémoire et l’imaginaire.
Avec Marine Joatton, Thomas Louet, Anne Moreau, Frédéric Hubert, Sarah Pillet.
du mercredi au dimanche, de 14h à 18h30.
Et du 20 au 21 septembre, Journées du Patrimoine
Exposition produite par l’association LABARACHA
Entrée libre, 4 rue du Logis, 16240 La Forêt-de-Tessé – Charente
Contact : Luc Arbouin – 07 80 49 38 13 – lucarbouin@gmail.com
Sur l’un des murs de cette salle, certains remarqueront la présence de quelques graffiti. Ils furent découverts lors de la restauration des enduits et dateraient vraisemblablement du XIXᵉ siècle, à une époque où le Logis commençait à tomber dans l’oubli. Plus tard, ils furent de nouveau dissimulés sous de nouvelles strates d’enduit, au fil des réhabilitations successives qu’a connues ce lieu.
Depuis le Moyen Âge, le Logis de Tessé s’est construit dans un empilement de fonctions, d’usages et de modes. Chaque époque y a laissé son empreinte, parfois heureuse, parfois un peu moins. Aujourd’hui, il nous apparaît comme un témoin vivant des relations que chacun de ses occupants a entretenues avec lui.
Les peintures d’Anne Moreau me semblent exister de manière comparable.
Dans chacune d’elles, il y a des strates. Quelque chose paraît avoir été recouvert, puis revient lentement à la surface. De ces profondeurs émergent une arcade romane, une rivière, une architecture, un motif pariétal, parfois une simple trace dont on ne sait plus très bien si elle appartient au paysage ou à la mémoire.
Sa peinture ne représente pas le passé ; elle en reproduit le fonctionnement. Comme les murs du Logis, elle accumule les temps plutôt qu’elle ne les remplace. Rien n’y disparaît complètement. Chaque nouvelle couche conserve la mémoire de celles qui la précèdent.
C’est peut-être ce qui rend ces peintures si familières. Elles semblent réveiller des souvenirs que nous ne savons pas situer. Elles font resurgir des formes communes, des paysages partagés, des architectures qui dorment quelque part en nous.
Elles donnent l’impression de reconnaître avant même d’identifier.
Ici, la mémoire n’est pas un sujet : elle est une matière. Une matière qui affleure, qui résiste à l’effacement avant de ressurgir par endroits, comme le jaillissement d’une rivière souterraine à la manière de ces graffiti redécouverts sous les enduits du Logis.










